Dalila Benfriha, Respiration & NeuroSens

« Je vous préviens, je ne suis pas émotif »

21 août 2026

« Je vous préviens, je ne suis pas émotif »

Je me souviens encore de ce cadre d'une cinquantaine d'années, arrivé en costume, montre au poignet, poignée de main ferme. « Je vous préviens, moi, je ne suis pas émotif. » Vingt minutes après le début de la séance, allongé dans la pénombre, il pleurait. Sans bruit, sans drame. Et à la fin, il a dit cette phrase que j'ai réentendue cent fois depuis : « Je ne sais même pas pourquoi j'ai pleuré. Mais je me sens plus léger que depuis des années. »

Les larmes, une fonction, pas une faiblesse

« Je vous préviens, je ne suis pas émotif »

Nous avons appris à voir les pleurs comme un débordement gênant, quelque chose à retenir, à cacher, à essuyer vite. Physiologiquement, c'est presque l'inverse. Les larmes émotionnelles participent à la régulation du système nerveux : elles accompagnent le passage de l'état de tension vers l'état de relâchement. Pleurer, c'est souvent le corps qui termine enfin quelque chose qu'il retenait. D'ailleurs, la plupart des gens décrivent après coup une sensation de propreté intérieure, comme après un orage d'été : l'air est plus respirable qu'avant.

Pourquoi ça sort pendant la respiration

En temps normal, le mental monte la garde. Il filtre, il contrôle, il tient le personnage. Pendant une séance de respiration guidée, ce contrôle s'assouplit : le souffle occupe le mental, le son enveloppe, le corps se sent en confiance. Alors ce qui était retenu depuis des mois, parfois des années, trouve la sortie. Des larmes pour certains, un fou rire pour d'autres, des tremblements, un immense soupir. Ce que la tête retient, le corps le relâche. Sans mots.

Je n'ai rien raconté, je n'ai rien expliqué. J'ai juste respiré, et c'est sorti tout seul.

Isabelle, 47 ans

Pleurer sans savoir pourquoi, est-ce normal ?

Oui, et c'est même fréquent. La décharge émotionnelle n'a pas besoin d'une histoire attachée. Tu n'es pas obligé de savoir d'où viennent tes larmes pour qu'elles fassent leur travail. C'est l'une des grandes différences avec une démarche de parole : ici, rien à raconter, rien à analyser, rien à justifier. Précisons-le clairement : si une souffrance profonde ou ancienne se réveille, un accompagnement thérapeutique ou médical adapté reste la bonne route, et la respiration vient en complément, jamais à la place.

Et si ça t'arrive en séance ?

Tu n'as rien à faire. C'est peut-être la consigne la plus difficile pour les gens qui gèrent tout. Ne retiens pas, ne force pas, n'analyse pas. Laisse passer la vague, elle dure rarement plus de quelques minutes, et continue de suivre la voix. Personne ne te regarde, chacun est dans son casque, dans son propre voyage. Beaucoup décrivent l'après comme un silence intérieur inédit, des épaules plus basses, une nuit profonde le soir même. Comme si le corps, une fois vidé de ce trop-plein, pouvait enfin s'occuper de ce qu'il sait faire de mieux : récupérer.

Si tu sens que quelque chose en toi attend cette permission depuis longtemps, offre-lui un cadre sûr pour se déposer. C'est exactement ce que propose une immersion : viens en parler ou réserve ta place via la page contact.

Envie de passer du texte au souffle ?

Deux heures d'immersion guidée valent mille articles. Le prochain groupe parisien se remplit.